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Présentation
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Qui est à l’appareil ? Qu’appelle-t-on prendre un appel ? Les cordes vocales ont-elles la fibre ombilicale ? D’un simple coup de fil peut-on lier réponse et responsabilité ? Ces interrogations, et d’autres plus curieuses encore, n’ont pu être posées qu’avec l’objet faussement familier du « téléphone ». Pour Avital Ronell, elles sont nées de la surprise qu’elle éprouva en constatant que Heidegger, penseur de la technique, cite en exemple la radio, l’avion, voire la télévision, mais jamais le téléphone. Sauf à titre posthume, dans une fameuse interview téléphonique (justement) où il fait remonter à un coup de fil, comme si la chose allait de soi, son engagement au service du parti nazi ! Prêtant l’oreille au combiné enfoui dans l’œuvre heideggerienne, l’auteur lance son enquête d’Alexander Graham Bell à la schizophrénie selon Laing. Elle progresse par raccords et branchements inattendus. Elle met sur écoutes la voix spectrale qui hante l’une de nos principales addictions contemporaines et ses liens sensibles avec la technè. Née à Prague, Avital Ronell a étudié à l’Institut de sciences herméneutiques de Berlin avec Jacob Taubes. Elle a été professeur de littérature comparée et de philosophie à Berkeley, en Californie, et a longtemps travaillé avec Jacques Derrida. Elle dirige aujourd’hui la chaire de littérature germanique à New York University. Elle est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages aux États-Unis.
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